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dimanche 3 novembre 2013

Semaine 5 : Grenade - Cordoue - Séville - Tarifa - Tanger

Cette semaine, place à la culture, au tourisme et autres activités de sexagénaires (qui a dit le vélo ?). Nous sommes aujourd'hui à Tanger, dans la magnifique maison à trois étages et au pure style oriental de Franck, en plein cœur de la vieille ville. Heureusement, notre hôte est venu nous accueillir au port avant de nous guider dans le dédale de ruelles de la médina. Nous étions hier aux portes de L'Europe, il était  grand temps de faire le grand pas au dessus de la Méditerranée. Marre des sandwichs au roquefort-jambon et raz le bol de la facilité des campings, le trop plein d'"européanités" se fait sentir ! Avons nous parlé trop vite ?



Le trajet de la cinquième semaine n'est pas une ligne droite vers le Maroc, nous nous autorisons un "crochet" vers le nord.



L'Alhambra de Grenade est un sacré avant goût des merveilles du Maroc. En attendant les palais des contes des milles et une nuit, voici l'abside de la cour des lions, seul cliché d'une longue série où aucun touriste ne vient gâcher le plaisir d'appuyer sur le déclencheur... 



Cette cinquième semaine commence donc par une visite approfondie de l'Alhmabra à Grenade, immense ensemble où les époques se mélangent autant que les architectures.



Comme vous l'avez noté, cette semaine a été très riche en vieilles pierres, il serait mensonger de n'en présenter aucune. Après une journée et demi de pédalage vers le nord, nous voici à Cordoue. L'ancestrale église wisigothe transformée en mosquée au IXème siècle puis devenue cathédrale au XVème est la pièce maîtresse du tourisme local. Nous passons deux bonnes heures à déambuler à travers cette "Forêt de symboles" ! 



L'alcazar cordoban des rois catholiques, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille pour les plus célèbres, ou comment passer une très agréable après midi dans les jardins à l'orientale de la forteresse d'où a été planifiée la reconquête de Grenade, le 2 janvier 1492. Trois points culture d'un coup, on vous l'avait promis.



Sur les bords du Guadalquivir, à Cordoue !



La route reprend, et nous croisons à nouveau des champs d'orangers à perte de vue. Las narenjas dans la langue de Cervantes. Celles qui ont manqué au précédent article ; nous désespérions de les retrouver après les grandes plaines de Valence ! Elles nous font saliver du matin au soir le long des routes d'Andalousie occidentale : Les arbres à agrumes (agrumiers? à vérifier) forment de véritables forêts le long du Guadalquivir. Croyez nous, il est bien difficile d'y résister, elles sont tout simplement délicieuses. En fait chaque pause est l'occasion d'en manger un bon kilo (chacun). Et chaque champ non grillagé est l'occasion d'une pause. Et chaque champ à plus de 2 km d'une ville n'est pas grillagé. Nous croisons une ville en moyenne tous les 25 km et nous en roulons 125 par jour. Question: sachant qu'un champ mesure 150m et qu'une orange pèse 200g, combien d'entre elles disparaissent, dure et triste fortune dans un estomac sans fond par un appétit sans lacune ?



Depuis le début du voyage nous jouons dans une délicate équation dont les inconnus sont les éphémérides (heures de lever et de coucher du soleil), les changements d'heure, le rythme de vie des espagnols et bien sûr le cycle des saisons qui progresse irrémédiablement vers l'hiver et les températures qui vont avec. Je m'explique, les journées raccourcissent, le carnaval des pulls vert (et parfois des gants et autres tours de cou) se prolonge de plus en plus vers la pause de midi, nous rallumons le feu de la veille au petit matin, et nous terminons la vaisselle du soir vers... 19h ! L'avantage est la dizaine d'heures que nous sommes obligés de dormir par nuit pour suivre le cycle de soleil... Voir le positif dans le négatif, très bonne philosophie monsieur Dallas.



Nous voici enfin arrivés à Séville, capitale andalouse. L'auberge de jeunesse à trois rues de la Giralda et du quartier juif est l'occasion de rencontrer des jeunes, des voyageurs, des allemands, des allemandes et quelques uluberlus locaux ! La nuit en dur n'est pas de tout repos, les allées et venues dans notre dortoir à 15 lits s'enchaînent jusqu'à l'aube...



La Giralda, ancien minaret transformé en clocher et aujourd'hui plus belle pièce de l'immense cathédrale de Séville dont les sévillans sont très fiers.



Les kilomètres sur le compteur défilent à toute allure en Europe, ce sera désormais très différent. Youssef, dans le ferry nous prévient que ce ne sera pas une partie de plaisir : "vous vous souviendrez de moi dans la montée vers Chefchaouen, ça va piquer !"



Voici ce dont on se souviendra (entre autres) de l'Espagne: un art de vivre en quatre mots et quelques euros...cela dit, il manque à ce menu la siesta ! Adieu l'Espagne, bonjour le Maroc !



De Tarifa, le point le plus méridional de l'Europe (de ce côté-ci du moins), nous apercevons les reliefs orangés du Maroc. Un petit bain dans la mer, à quelques brasses de l'Afrique nous fait prendre conscience que nous vivons un nouveau départ... Et les hauteurs du Rif, dans le lointain, nous font déjà pâlir. Pendant que Vianney découpe minutieusement le guide Michelin espagnol (pour ne conserver que les pages utiles à notre retour, il n'y a pas de petites économies) nous sirotons une ultime sangria en terrasse. Venga !



Les trente prochains kilomètres ne seront pas exigeants en effort. La traversée ne dure qu'une demi heure, rien de plus simple. Nous rencontrons sacrée palanquée de marocains qui nous vendent tour à tour un nouvel itinéraire ! "et puis j'attends ton appel !"



Un mois déjà, le triumvirat tient bon, personne ne s'est auto-proclamé dictateur à vie. Aucun tyrannicide n'est au programme. À défaut de pouvoir jouer à la belote (un grand vide que ce 4ème gobelet et cette 4ème assiette),  nous pouvons facilement prendre des décisions à la majorité. Peut-être qu'on aurait préféré la belote...



Un immense merci à Franck, professeur de dessin récemment installé à Tanger dans une ravissante maison qui ne cesse de nous étonner, pour nous avoir accueilli à quelques jours de son emménagement, fait visiter sa ville et permis une transition très agréable vers l'Afrique !

Beslama ! (Aurevoir en arabe ; prononcer "baisse la main", un super moyen mnémotechnique)

























    








dimanche 27 octobre 2013

Semaine 4 : Valence - Grenade

Samedi 26 octobre, nous voilà enfin arrivés au pieds de l´Alhambra, à Grenade, étape phare de notre première partie de voyage ! Au menu de cette 4ème semaine, de grands espaces très dépaysants, des rencontres inattendues, des villages des plus pittoresques et 600km qui viennent s´ajouter aux 2000 précédents ! Petit retour sur cette semaine Sergio Leonesque.


Pourfendre l'Espagne est notre métier !


Dimanche 20 octobre : Nous passons un excellent week-end entre Godella, ville jumelée à Noisy le roi où résident nos hôtes, Maria et Ramiro et Valence, capitale régionale. L'accueil que nous réserve ce couple charmant dépasse largement les attentes de trois campeurs errant dont le dernier camping municipal remonte à Avignon... Merci mille fois à vous, à Cristina et à tous ceux qui permettent ces belles rencontres !



Avant le croissant marocain, nous ne faisons qu'une bouchée de son cousin valencian !



Encore une fois, il n'y a rien de tel que le tourisme à pied pour visiter Valence.



La petite semaine et les 600 km (un Paris-Lyon !) qui nous séparent de Grenade sont une plongée vers l'Espagne de l'intérieure, entre les régions d'Albacete, de Murcie et bien sûr d'Andalousie. Le changement de décors est radical. Nous quittons les plaines côtières aux champs d'agrumes à perte de vue pour trouver d'arides massifs montagneux et d'immenses vallées de champs d'oliviers. Nous troquons les villes touristiques du littoral contre des agglomérations beaucoup plus authentiques distantes de plusieurs dizaines de kilomètres les unes des autres.



¡ Broadback Mountain 2 : Andalucia !



Pour la première fois du voyage, nous avons véritablement l'impression d'être dépaysés lorsque nous traversons les décors des fameux Western Spaghetti. Alexis, dit le Bon, Quentin, dit la Brute et Vianney, alias le Truand font régner la loi du pédalier sur les routes andalouses ! Les campements de cette semaine se ressemblent : une large vallée agricole, plus ou moins désertiques et cernée de montagnes dont les sommets culminent parfois à 3800m, comme ceux de la Sierra Nevada.



Les routes ondoyant au loin sont parfois à devenir fou. Heureusement que les panoramas nous font oublier les interminables lignes droites au traitre relief. L'unité entre deux bourgades est de l'ordre de 20 km, c'est vous dire celle entre deux supermarchés. Nous apprenons progressivement à "naviguer sur l'avant", autrement dit à avoir plus qu'un repas dans nos sacoches !



En Andalousie, chacun sa transhumance.



Les rencontres sont plus dépaysantes par ici que le long de la Costa Brava ! Nous tombons un jeune berger au milieu de nulle part, accompagné de son cheptel de brebis et d'Ernesto, son chien qu'il dirige d'un simple sifflement. Nous lui demandons si nous pouvons camper là où nous venons de nous effonder, à 300m de sa bergerie : la question lui semble presque absurde. Il nous explique avec fierté qu'il promène ses bêtes 365 jours par an. Nos 7 petits mois de voyages font pâle figure à côté d'une telle vie ! 



La nuit tombe de plus en plus vite en Espagne: désormais, dès 19h30, il faut planter le campement. L'écriture du carnet de bord se fait elle généralement après le dîner, à la lampe frontale donc !



La Guardia Civil n'a qu'à bien se tenir : les pentes andalouses nous permettent de depasser les 65 km/h. Et le jambon cru pour unique dopant !



Nous ne comprenons strictement rien à ce que baragouinent (en même temps s'il vous plait) Tony et Roberto, deux aimables andalous pure souche qui sortent très probablement de leur partie de domino. C'est acté, nos 18 années de cours d'espagnol en cumulé ont atteint leurs limites !



Nos sourires sont assez trompeurs... En réalité, nous sommes complètement perdus au moment du cliché. Nous suivons en théorie une voie de service le long d'une autoroute. Mais où est-elle nous diriez-vous ? Cela fait 20 km que nous nous posons la même question ! Une petite injection de Moraline et de Motivex (comprendre : galletas al cacao et jamon serrano) viendront a bout de cette étape de plus de 10h qui restera un moment dans nos mémoires.



L'arrivée sur la Sierra Nevada nous offre un nouveau changement de payage : finies les grandes vallées désertiques nous rappelant le Far West américain, désormais, place aux verdoyants reliefs de la région de Grenade. Nous traversons même plusieurs rivières, espèce totalement disparue dans le sud de l'Espagne. Nous ne comptons plus les lits de cours d'eau asséchés. Le fleuve de Valence, par exemple, n'était plus qu'une immense voie verte !



L´Alhambra de Grenade et ses nombreux palais : une belle récompense pour nos mollets après une bonne semaine de labeur.

A la semaine prochaine chers lecteurs !






lundi 21 octobre 2013

Semaine 3 : Perpignan - Barcelona - Valencìa

21ème jour de voyage, 2.000 km depuis Paris et arrivés sains et saufs à Valence ! Cette troisème semaine de routes et de chemins à travers la Catalogne française puis espagnole a été des plus appréciables : nous ne sommes ni morts de faim, ni morts de soifs ni morts de solitude. Le mal du pays n'est pas du tout d'actualité ! Petit coup dans le rétro sur cette semaine, en texte et en images !



L'itinéraire de nos 600 bornes 100% méditerranéennes !



Etrange phénomène à Collioure, un des derniers villages avant l'Espagne, la centaine de retraités qui nous entourent n'en croient pas leurs yeux, "des jeunes". 



Les dernières routes françaises, de Collioure à Cerbère en passant par Banyuls et Port Vendres sont un régal de soleil et de vues sur la Méditerranée. On nous l'a promis, le passage des Pyrénées équivaut à une substantielle montée du mercure ! La promesse est tenue, nous faisons tomber les gants le matin.



La Costa Brava aux barres d'immeubles tant redoutées n'est finalement pas si terrible. Nous prenons beaucoup de plaisir à suivre le relief des routes sinueuses à flanc de falaise comme cet apercu du passage de la frontière, à l'extrémité orientale des Pyrénées. Bien entendu, une fois les quelques havres de paix du nord laissés derrière nous, ce sont une centaine de kilomètres de banlieue barcelonaise qu'il faut arpenter... Il en est de même que sur la côte du golfe du Lion : tantôt nous pédalons dans un univers grouillant, tantôt nous traversons des stations balnéaires fantômes que les touristes ont désertées et que la "crisis del ladrillo" (crise de l'immobilier espagnol) a mis sur la paille. Nous avons souvent le sentiment de passer dans des villages de pionniers de la côte ouest américaine...



Les panneaux nous rapellent que nous sommes les poids lourds de la bicyclette...



"Buenas tardes señor, estamos buscando la ruta..."




Nous partageons la route avec les espagnols plus facilement qu'avec les français alors que nos préjugés nous portaient à croire que l'incivisme au volant était inversement proportionnel aux latitudes ! Les voies sont larges et les  espagnols plutôt courtois. L'Espagne possède une bande de goudron proche du mètre de part et d'autre de presque toutes les routes, de la communale à la nationale : cette marge providentielle change considérablement notre quotidien de routiers en évitant aux véhicules de faire de dangereux écarts pour nous doubler.



Nous ne sommes pas vraiment en Espagne, et les autochtones n'ont de cesse de nous le rappeller, nous sommes en Catalogne ! Les amalgames et les drapeaux à la bande jaune cernée de rouge sont à éviter soigneusement. "Se conformer aux lois du pays" comme dirait l'autre. Heureusement nos fanions espagnols sont à tribord et donc invisibles pour la plupart des aimables catalans que nous croisons. 



Un petit mot pour nos amis espagnols qui ne font la sieste que dans nos prejugés et qui sont en réalité bien plus sportifs que le français moyen...



¡ Seguimos la buena carretera ! L'Eldorad à Vélo vous salue bien bas !





Barcelone ! Première escale de la semaine ! Du haut de l'esplanade du musée d'art catalan, nous regardons le relief qu'il nous reste à parcourir avant de prendre un repos bien mérité à Sant Cugat, petite ville de banlieue où nous attend un contact.



Vous l'avez reconnue, voici la Sagrada Familia, véritable emblème de Barcelone. Gaudi a dessiné l'intégralité des plans de cette cathédrale dont le financement des travaux repose sur les dons et les tarifs exorbitants de l'entrée.  La fin est pour 2020, ce que l'on voit sur la photo n'est que l'extrémité du transept ouest. Une série de tours bien plus hautes doit donc encore voir le jour. Nous ne sommes néanmoins pas vraiment convaincus par le style château de sable de l'édifice ni par l'architecture "Wonderland" du parc Guell, autre production de Gaudi...



A San Cugat avec le fameux Isaac, promis, au retour nous aurons aussi appris le catalan. 
¡ Muchas gracias Isaac para todo



Après notre rapide halte de Barcelone, retour au quotidien vélo - bivouac - vélo ... Et chaque soir, bien entendu, la tenue rigoureuse du journal de bord pour ne rien oublier de la journée.



7h30, à calbuteland.



En Catalogne mous sommes époustoufflés par des paysages argentinesques au petit matin. Nous nous pressons, à coup d´étapes de 120 km (et autant de litre de sueurs...) de rallier les grands sites de la côte espagnole.



A ceux qui se font du mauvais sang, n'ayez crainte, la patrona de Puxol ("Proteje a los viajeros") veille au grain.



Nous passons le cap des nuits sur la plage ! Le long de la côte espagnole, il est si facile de dégoter un petit coin de dune proche des douches publiques que nous n'hesitons pas à utiliser après un bain dans la Méditerranée. Cependant, le sable si agréable le soir lorsque l'on dîne devient une plaie au moment de ranger notre camp... Les tentes, les chaussures, les sacs de couchages et les vêtements en sont imprégnés pour la journée. Autre léger désagrément, les uluberlus locaux, si loin de nous dans leurs paradis artificiels et pourtant si proches de nous lorsqu'il s'agit de hurler toute la nuit !



Valencia et ses Tapas nous accueillent les bras grands ouverts. Nous visitons la ville et ses nombreuses ruelles, du parlement, à la cathédrale en passant par la cité des arts et des sciences et le quartier Carmen A PIEDS avec enthousiasme !



Nous profitons de ces deux jours a Valence pour goûter des specialités si differentes de chez nous... hahaha.

A la semaine prochaine !